Mardi 29 septembre 2026, Anne-Lise Rey, « Emilie du Châtelet, philosophe des sciences »

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Dans le cadre du séminaire Histoire et Philosophie des Sciences, le CRHI, le Laboratoire J.A.Dieudonné et l'axe 5 de la MSHS-Sud Est sont heureux d’accueillir la conférence suivante : 

Anne-Lise REY (Institut de Recherches Philosophiques, Université Paris Nanterre)

« Emilie du Châtelet, philosophe des sciences »

Mardi 29 septembre 2026, de 17h à 18h30,

Salle de conférences du Laboratoire J.A. Dieudonné (campus Valrose)

 

(nota bene : compte-tenu de restrictions d'accès au campus, les personnes extérieures à l'Université Côte d'Azur doivent être inscrites sur la liste du séminaire. Si vous n'êtes pas déjà inscrit, il vous suffit d'écrire à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

 

Présentation de la conférence

Dans la première moitié du XVIIIe siècle en France, le champ scientifique est fortement polarisé autour d'une distinction qui admet elle-même de nombreuses nuances : d'un côté, une physique s'appuyant sur des principes métaphysiques qui s'inscrit dans le sillage plus ou moins fidèle de Descartes, et à cet égard, on lit souvent Leibniz ou Malebranche comme s'inscrivant dans cette filiation (ce qui est discutable, bien évidemment). D'autre part, une physique qui aurait pris acte du geste newtonien de mathématisation de la physique et qui sous le slogan de l'hypotheses non fingo congédierait les hypothèses de la méthode scientifique, ne s'appuyant désormais que sur la régularité phénoménale attestée par des expériences et traduite mathématiquement en lois.
Dans ce contexte, la position de Châtelet se révèle singulière en ce que lectrice attentive de Newton, elle comprend que son rejet des hypothèses n'est en rien un précepte méthodologique de portée générale, c'est tout le sens du chapitre IV des Institutions intitulé « Des hypothèses ». Elle comprend également l'importance d'une preuve expérimentale du principe de conservation des forces vives, c'est le sens de sa référence à 's Gravesande au chapitre XXI du même texte. Elle choisit ainsi d'élaborer une épistémologie mixte qui, sans renoncer aux principes métaphysiques, leur confère une fonction non pas fondationnelle mais régulatrice. Les principes métaphysiques (principe de raison suffisante tout particulièrement) ont une fonction méthodologique. La conséquence est d'importance pour identifier le type de certitude qu'a notre connaissance de la nature : une certitude physique qui intègre une réflexion très stimulante sur les limites de notre savoir.

 

Anne-Lise Rey est professeure de philosophie des sciences. Spécialiste de l'Age classique et des Lumières, elle travaille sur Leibniz, Newton, les Lumières françaises et allemandes, les femmes philosophes.Elle dirige la collection Cahiers d'histoire et de philosophie des sciences aux éditions Hermann et co-dirige la collection d'histoire des sciences des Editions matériologiques. Anne-Lise Rey participe au projet Extending New Narratives in the History of Philosophy, mené en partenariat avec 12 universités internationales. Elle a récemment dirigé des dossiers de la Revue d'histoire des sciences sur Emilie du Châtelet et Margaret Cavendish, de la Revue de métaphysique et de morale sur les femmes philosophes, et co-dirigé (avec Claire Schwartz) un dossier sur Emilie du Châtelet et la certitude. Elle fait paraître ce mois-ci aux éditions Classiques Garnier une anthologie : Philosophies : féminin pluriel.